Désolée, je suis attendue – Agnès Martin-Lugand

Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir. Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

Mon sentiment
1507-1Agnès Martin Lugand m’a redonné goût à la lecture cette année et c’est avec plaisir, bonheur et émotions que j’ai découvert son dernier né.

Yaël, de suite ou presque m’a entraîné dans le récit… des parallèles avec la vie professionnelle que nous vivons tous, ou presque m’ont happé. Je pense que certaines similitudes avec mon vécu actuel ont fini de m’attirer dans le livre, que j’ai lu, lentement vu mon rythme effréné, mais avec assiduité.

Travailler, oublier quelques peu les valeurs essentielles, prioriser les mauvaises choses, on se reconnait tous à un moment où l’autre de ce récit. A notre façon. Jusqu’à « la nouvelle »…

J’ai pour ma part de suite compris que notre héroïne du début n’était pas l’être égocentrique et au-dessus des membres de sa famille ou de ses amis comme on pourrait le ressentir. Entrainée, dans un quotidien qui, selon moi, lui (nous) échappe. Se faire kidnapper par son travail, qu’importe les raisons, est finalement relativement sournois. Et rend un peu « fou ».

Fuir les sentiments passés, couvrir d’un pansement artificiel une plaie, s’ouvrir gentiment, au bonheur…

Je n’ai pas ici envie d’en dire trop. Je me suis juste sentie très concernée dès l’entrée du roman. Et même si je l’ai beaucoup aimé, il m’a fait réfléchir !!

L’auteure avec son écriture délicate et simple me plait vraiment. Elle laisse « deviner » ce qui va se produire, mais cela ne gâche rien, bien au contraire.

Je me rends compte ici que ma chronique est plus que décousue, un peu mystérieuse, parce qu’il faut le lire, ce livre. Le prendre à sa façon, avec son coeur et son vécu. Chacun le ressentira tellement différemment.

A noter la force des sentiments que l’on ressent, les inquiétudes, les reproches aussi ! Comme dans la vie réelle. J’aime le fait que le récit se passe aussi « par chez nous ». Pour certains, cela paraîtra futile, mais j’ai beaucoup aimé le choix de la couverture (alors que je n’avais pas adhéré du tout pour Les gens heureux lisent et boivent du café).

En gros : lisez le, vivez le et si ce n’est pas encore fait, découvrez l’auteure !

Un énorme merci à Livraddict mais également aux Editions Michel Lafon qui m’ont donné ma chance.

J’ai beaucoup aimé, mais je n’ai juste pas eu le coup de coeur

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Mille soleils splendides – Khaled Hosseini

Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quartoze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D’abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan. Mais parviendront-elles à s’arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs, « mille soleils splendides »?

Mon sentiment
mille soleilsCe livre dormait dans ma bibliothèque depuis de longues années déjà. Offert par une amie, je ne l’ai pas lu tout de suite, car il est de ces livres qu’on ne peut pas lire à n’importe quel moment, j’ai donc choisi d’attendre, le bon moment, même si c’était en finalité une erreur.

Il n’en reste pas moins que lorsque je me suis remise à lire, j’ai eu peur de m’attaquer à un grand livre. Entendons par là un livre de plus de 150 pages. Alors, lorsque j’ai choisi ma première grande lecture, j’y ai vraiment mûrement réfléchi. Je me suis même fait la réflexion que j’avais l’impression de jouer ma vie tant je ne voulais pas me « planter » dans mon choix. Après une nuit de réflexion, j’ai choisi Mille soleils splendides.

J’ai pris mon temps pour le lire, presque 2 semaines, d’une part parce que je ne veux en aucun cas me forcer à lire, comme je me le suis promise à la réouverture de ce blog, mais également parce que ce n’est pas un ouvrage qu’on peut lire légèrement. En effet, des sujets délicats, bien trop d’actualité encore aujourd’hui.

Comme le synopsis l’indique, notre regard se pose sur deux femmes, Mariam et Laila.

La première que nous rencontrons, Mariam, fille illégitime, adolescente au moment de notre « rencontre » est mariée de force à Rachid, de trente ans son aîné. Pour ne spolier personne, j’ignorerai ici volontairement les événements qui amène notre héroïne à ce mariage bâclé, expédié mais surtout forcé.

Elle découvrira avec Rachid une multitude de première fois: première relation sexuelle, première burka, première grossesse, premier coup.

Lors de l’ensemble du récit, la guerre est omniprésente, nous vivons les bombardements, les conflits, les enjeux politiques.

Laila, que nous apprenons à connaitre dans le courant des chapitres est une enfant totalement différente de la Mariam torturée par les aléas de sa fratrie. Laila, joviale et attachante vit une relation d’amitié intense avec Tariq, jeune infirme, relativement attachant, absent par moment, mais que j’ai réellement de suite aimé. Cela lui vaut rumeurs et quolibets. Difficile à assumer dans un monde musulman très à cheval sur les règles de vie. Où s’arrêtera leur relation ? Il faudra lire Mille Soleils splendides pour le savoir.

Revenons à nos deux héroïnes. Le moment de l’arrivée de Laila dans la vie de Mariam est pour l’une comme pour l’autre un moment très difficile. Rachid, prend donc Laila comme épouse, elle aussi adolescente au moment de l’union. La jalousie s’installe, la haine aussi. Des enfants viennent rejoindre ce tableau déjà bien complexe.

Rachid, évidemment, est joie et bonheur à l’arrivée de Son Fils. Mais son naturel réapparaitra bien vite. Et cela débouchera évidemment sur le rapprochement de Mariam et Laila, de leur tentative de changement de vie, de leur union contre leur bourreau.

Je n’ai pas envie ici de dévoiler le pourquoi ou le comment, tout simplement parce que ce livre est un livre qu’il faut lire absolument, tant pour l’histoire que pour la qualité de l’auteur.

J’ai ressenti une multitude d’émotions durant ma lecture, le bonheur, le dégoût, la stupéfaction et même le mal-être. Il y a un florilège d’événements et tout autant de façon de les ressentir.

Il faut relever que le sujet de combats est omniprésent, et que malgré les années passées depuis que l’auteur a écrit ce livre, il suffit de changer les noms de protagonistes et les villes des esclandres pour se ressentir exactement dans le même contexte qu’à ce jour. Cela a été troublant pour moi, presque angoissant par moment.

J’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture, qui ne sera pas un coup de coeur parce que je ne peux donner un coup de coeur à un livre qui m’a fait avoir des hauts-le-coeur tant les scènes de violence étaient réalistes. J’ai vraiment plongé très rapidement dans les 409 pages que je n’ai pas eu une seule fois envie d’abandonner. Ma chronique est très décousue, je suis consciente et désolée mais je ne veux pas en dire trop. Je reviendrai à Khalid Hosseini, mais après mes trois dernières lectures, je vais avant cela me diriger vers une lecture un peu plus légère.

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Dans la nuit de Daech – Sophie Kasiki

Sophie Kasiki est éducatrice en banlieue parisienne quand trois garçons qu’elle connaît quittent la France pour faire le djihad en Syrie, laissant leurs familles dévastées. Très vite, ceux qu’elle appelle « les gamins » reprennent contact avec elle. Sophie espère les convaincre de rentrer, mais c’est l’inverse qui va se produire.
En plein questionnement personnel, cherchant à donner un sens à sa vie, Sophie se laisse envoûter malgré elle par leur discours politique. Et, après seulement quelques mois de conversations quotidiennes, elle prend l’incroyable décision de partir pour Rakka, capitale de l’Etat Islamique. Elle emmène avec elle son fils de quatre ans.
Là, Sophie, bénévole à la maternité, découvre la ville vitrine de l’El, cosmopolite – on vient de tous les pays pour servir le califat – et sous contrôle étroit des djihadistes. Elle ouvre progressivement les yeux : Daech est une armée d’occupation, les Syriens tremblent et les gamins qu’elle a connus sont désormais des moudjahidine fanatiques et dangereux qui vont les séquestrer, elle et son fils, dès qu’elle manifestera son opposition.
Dans un pays où les femmes n’ont même pas le droit de marcher dans la rue sans leur tuteur légal, Sophie, armée de l’amour inconditionnel de son mari resté en France, va affronter tous les dangers pour sauver son fils et le ramener à la maison…

Mon sentiment
dans la nuitActualité faisant, j’ai déposé le livre que je venais de débuter (pas si loin du thème de celui-ci en fait) pour, une bonne fois pour toute, débuter une documentation personnelle, essayer de comprendre, mieux au moins, ce qui se passe sur notre planète. Saisir, même qu’un peu, ce qui peut « les » attirer, les enrôler, les formater.

J’ai donc décidé d’acheter des livres expliquant, relatant, esquissant Daesh. Tout d’abord, c’est « Daech L’Histoire de Régis Le Sommier » que j’ai lu et que je renonce volontairement à chroniquer. C’est un ouvrage qui explique la constitution de l’EI, un « voyage » au Moyen Orient, sur des terres hostiles. J’y ai saisi beaucoup de choses que je n’avais jusque-là pas forcément comprises. Une phrase résonne tout de même en moi: « on attaque l’Europe plutôt que les Etats-Unis parce que c’est le ventre mou de l’Occident » et me fait réfléchir…

Dans la foulée, c’est l’ouvrage que je résume ici que j’ai acquis. Récit d’une « repentie », d’une survivante, je dirais plutôt.

Sophie a goûté volontairement à l’EI, elle s’y est rendue, sans y être forcée et s’est frottée à ce sentiment de privation de liberté.

J’ai pour ma part, dévoré ce livre, pour savoir, connaître la fin.

J’ai été choquée qu’en 2015, une femme, adulte, mariée, mère de famille, cultivée et indépendante, puisse, « à cause » d’une dépression, décider de suivre son instinct et rejoindre des « amis » qu’elle avait fréquenté en France. J’ai été heurtée qu’égoïste, elle puisse sans sourciller, emmener son fils Hugo, quatre ans, dans un pays bouleversé par la guerre, le tout en mentant au papa de ce dernier.

Passé ces points qui me dérangent, j’ai été touchée par Sophie, battante, mère avant tout, très vite réveillée de sa naïveté par la réalité. J’ai été happée dans l’histoire, j’ai eu le ventre serré dans les moments de tension, les moments de fuite.

J’ai apprécié le passage où Julien, l’époux, devient le narrateur et donne sa version de l’histoire.

La fin, je ne la raconterai pas ici, je dirai juste que lorsque l’on pense que le pire est derrière, il y a parfois encore des embûches à traverser avant d’être vraiment libre.

Je me demande juste: Comment vivre après cela ?

En finalité, 235 pages que j’ai dévoré en 24h, un livre, qui au-delà du fait qu’il se passe sur un sujet bien trop douloureux en ces jours où l’Europe  souffre, est bien écrit et très agréable  et facile à lire.

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Providence -Valérie Tong Cuong

Modeste secrétaire, élevant seule son fils, Marylou est très en retard pour une importante réunion de travail. Coincée dans les embouteillages et le métro, elle finit par piquer un sprint, son lourd dossier sous le bras. Elle tente le tout pour le tout. Parfois la vie tient à une poignée de minutes. Albert Foehn est lui plutôt en avance, il a rendez-vous chez un notaire pour régler sa succession. À soixante-dix-huit ans il ne lui reste que quelques mois à vivre. En une fraction de seconde la vérité sur son existence éclate. Producteur de cinéma influent, père d’un grand fils dont il ne se sent pas proche, Tom veut demander sa main à la capricieuse Libby. Il en est très amoureux. Un stupide accident de vélo va changer la donne. La brillante Prudence,  » partner  » dans un cabinet de conseil réputé, a dû mal à se faire une place au sommet. La couleur de sa peau entrave son ascension. Mais parfois la vie vous remet les cartes en main. Un chien, un macaron à la violette, un suicide raté, l’explosion d’un immeuble, vont modifier le destin de ces protagonistes et les réunir dans un hôpital. Telle la chute de dominos, la providence, bousculant leur vie, s’amuse à redistribuer le jeu. Croisant le destin de personnages en mal d’amour, à la manière d’un brillant Magnolia, Providence est un roman choral qui pointe les solitudes de notre époque, les lâchetés et les compromissions de la société.

Mon sentiment
providence_8Un jour J, le même jour chacun, celui qui change une vie. C’est en une phrase comme cela que je résumerais ce livre.

Qu’on soit riche ou pauvre, on est les mêmes devant notre destinée. Une confiserie, une photocopie ou une phrase à l’arrachée peut faire changer les choses, du tout au tout.

Quand on entre dans ce petit livre, on est loin d’imaginer où il nous emmènera. Attrayant, surprenant, il m’a fait tantôt sourire, tantôt secouer la tête de négation, tantôt réfléchir. Il ne m’a pas laissé de marbre, c’est le moins qu’on puisse dire.

Les personnages touchants différentes marges de population, différents statuts professionnels, il vaut mieux finir sa lecture à la fin d’un chapitre, pour rester bien concentré.

Un livre très distrayant, avec une jolie fin, mais un livre qui finalement fait réaliser que, oui, c’est  bien vrai, on est peu de choses et la vie, notre vie, peut basculer d’une seconde à l’autre…

Une lecture « explosive » qui peut vraiment plaire facilement…

En bref: rose livrerose livre

L’élixir d’amour – Eric-Emmanuel Schmitt

 L’amour relève-t-il d’un processus chimique ou d’un miracle spirituel ? Existe-t-il un moyen infaillible pour déclencher la passion, comme l’élixir qui jadis unit Tristan et Yseult ? Est-on, au contraire, totalement libre d’aimer ? » Anciens amants, Adam et Louise vivent désormais à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, lui à Paris, elle à Montréal. Par lettres, tout en évoquant les blessures du passé et en s’avouant leurs nouvelles aventures, ils se lancent un défi : provoquer l’amour. Mais ce jeu ne cache-t-il pas un piège ?

 

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Mon sentiment
Il y avait bien longtemps qu’un livre ne m’avait pas fait cet effet: s’asseoir dans le train, et vite s’y remettre. Ni une, ni deux, me voilà plongé dans l’univers d’Eric-Emmanuel Schmitt, que j’avais découvert avec Oscar et la dame Rose et que j’avais vécu comme un réel coup de coeur. 

Je n’irai pas dire qu’ici j’ai eu le même ressenti, toutefois, je suis ressortie d’une lecture plaisir, avec l’envie de lire maintenant Le Poison d’amour.

Mais je m’éloigne du sujet, quelques mots quand même sur Adam et Louise. Un couple comme tant d’autres, essoufflé par les années passées et qui décide de se séparer et de se reconstruire aux antipodes l’un de l’autre.

Séparés de corps, mais pas d’esprits, nos deux protagonistes s’écrivent et se lisent. Jalousent, envient, pleurent, se remémorent…  Et pour finir, une apogée surprenante !

Prenant et surprenant, un petit livre charmant et charmeur que je conseille vraiment, pour un moment de détente. Lecture simple et aisée pour tout public.

En bref: rose livrerose livre

 

Redécouvrir la lecture autrement

livrelunette

J’avais, il y a presque deux ans maintenant, mis le mot fin sur mon ancien blog… fin d’une longue histoire livresque, fin d’aventure et début d’une nouvelle vie à de multiples points de vue.

Fini la lecture comme un marathon, fini les pages qui se tournent sans pause et sans arrêt, fini partenariats et autres services presses, c’est la panne de lecture qui m’a prise par surprise et qui a duré… longtemps, trop longtemps…

Mais depuis quelques jours, je suis ravie de lire, à nouveau… et l’envie de réouvrir mon blog a frappé… Alors, j’ai pris mon clavier et j’ai décidé de partager à nouveau, avec les copines livresques qui sont encore par là, je l’espère, mes lectures…

Un nouveau blog, me direz-vous.. oui parce que l’autre fort de mois d’absence ne veut plus que je m’y reconnecte.  Il est  ici ! Je prends ceci comme un signe…. un renouveau…

Nouveau blog, nouvelle vie, nouvelle aventure…

C’est aujourd’hui un blog plus épuré, sans doute un peu plus mature qui s’ouvre, avec mes lectures à mon rythme, sans pression, sans courses aux pages, qui prend naissance…

Au plaisir de vous retrouver ou découvrir…

Reve, comme révélation, encore… et encore….